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Religion

  • Christine TASIN, victime de Fatwa

    Christine Tasin, de Résistance Républicaine, l'association qui a organisé les "apéritifs républicains", a reçu plusieurs menaces de mort dans l'indifférence la plus totale des médias et des donneurs de leçons d'humanisme.


    Conférence de presse de Christine Tasin, 11 septembre 2010
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  • La religion et la raison

    Il est inacceptable que Robert Redeker, après la publication de sa tribune libre sur l'islam, dans le Figaro du 19 septembre 2006, soit obligé de se cacher, lui et sa famille, pour préserver sa vie et celle de ses proches. En même temps il est regrettable qu’il n’ait pas continué à stigmatiser et dénoncer tous les responsables de cette misère, comme son œuvre en témoigne, plutôt que de se servir de sa notoriété pour établir un classement de valeur entre idéologies ou théosophies.

    Mais puisque le texte de Robert Redeker à pour origine « les réactions suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence », j’aimerai revenir sur l’origine de ces réactions. Le mardi 12 septembre 2006, à l’Université de Ratisbonne en Allemagne, le souverain pontife explique que « les questions humaines spécifiques : d’où venons-nous et où allons-nous, les questions de la religion et de la morale, ne peuvent pas trouver une place dans la raison communément définie par la « science » et doivent être transférées dans la subjectivité ». Comme si la science était arrivée au bout du chemin et que la question du sens de notre existence ne pourrait jamais être résolue par ses lumières. Il est vrai que la persistance d’une religion ne peut être garantit que si certaines vérités ne viennent pas contrecarrer ses principes. Dans cette optique, mieux vaut-il écarter certains sujets du domaine de la raison et se préserver une chasse gardée dont seul les « saintes écritures » sont sensées nous révéler la vérité. 

    Le texte des « souvenirs et réflexions », prononcé par le chef de l'Eglise catholique devant les représentants de la science, nous révèle aussi que « Dans le monde occidental domine largement l’opinion que seule la raison positiviste et les formes de la philosophie qui en dépendent sont universelles. Mais précisément, cette exclusion du divin hors de l’universalité de la raison est perçue, par les cultures profondément religieuses du monde, comme un mépris de leurs convictions les plus intimes. Une raison qui est sourde au divin et repousse les religions dans le domaine des sous-cultures est inapte au dialogue des cultures. » C’est oublier un peu vite les Guerres de religions et le fait que les religions elles-mêmes, entre elles, ont déjà du mal à dialoguer. Ainsi le pape voudrait ramener les partisans de la raison dans un dialogue où s’entre-déchirent déjà depuis des siècles les défenseurs de la vray foi.

    Le discours pontifical, fait de moult circonvolutions, se révèle être une atteinte à ce qui a été à l’origine de nos sociétés modernes et à la laïcité, puisqu’il affirme que la science est, et sera, impuissante à résoudre notre questionnement existentiel, et que l’entente entre les peuples ne peut que passer par une ouverture à la religion. Plus qu’une attaque contre les musulmans, il s’agit d’un document de propagande et de remobilisation qui a pour but de rassurer les croyants que la voie qu’ils ont prise est la seule issue possible pour résoudre les problèmes de l’humanité.

    Si le Conseil constitutionnel formule une décision le 19 novembre 2004 « interdisant à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers », en même temps l’article premier de la Constitution du 4 octobre 1958 stipule que « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » qui « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origines, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ». Pour un philosophe contemporain, est-il alors plus utile de rédiger un brûlot sur l’histoire des religions, d’émettre des jugements de valeur sur leur nocivité relative, ou de dénoncer tous ceux qui ne donnent du crédit à la raison que si elle est passée au tamis du divin ? Cette question est d’autant plus fondamentale que c’est la raison qui avait notamment permis à notre pays de s’extirper des luttes sans fin qui opposaient les croyants, comme c’est encore le cas aujourd’hui dans certaines parties du monde. Mais la raison n’a pas tenu toutes ses promesses. Les fruits du progrès ne bénéficient qu’à une minorité, et l’accession de l’homme au questionnement métaphysique reste un mystère. A mon sens, un projet politique digne de ce nom se devra d’apporter des solutions à ces deux thèmes. Pour que la raison garde sa prééminence face aux religions, le politique se doit de tracer des perspectives qui vont au-delà de la conduite des affaires de l’Etat et qui permettent de donner un sens à notre évolution.

     

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