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Le masque Vert

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) s’est réuni à l’Unesco à Paris pour approuver son « résumé à l’intention des décideurs ». Mais lorsque ce sera à notre tour de décider, nous devrons éviter de nous laisser séduire par le chant des sirènes écologistes afin que l’âme de la France ne se perde pas dans les abysses de l’Europe.

Voilà déjà de nombreuses années que l’on ne cesse de nous dresser un tableau terrifiant de ce qui nous attend si nous ne faisons rien pour sauvegarder notre environnement, et plus précisément pour lutter contre le réchauffement climatique à l’origine de tant de menaces. Cela a conduit Nicolas Hulot à pratiquer un chantage électoral permanent face aux candidats à la présidentielle, provoquant une uniformisation des projets sur la base d’une méconnaissance des solutions alternatives. En effet, son pacte écologique affirme que « Aucune autre source d’énergie, aucune nouvelle technologie n’est capable de se substituer en quantité aux hydrocarbures qui représentent aujourd’hui plus des deux tiers de notre consommation d’énergie (85% dans le monde) », alors que les technologies conduisant à l’énergie libre, ou s’en rapprochant, existent. Moteur Pantone, tour aérogénératrice, ou fusion froide sont autant de procédés « réalistes et raisonnables[1] » qui subissent un black-out que seul Internet pourra déjouer[2].

 

Que ce soit Nicolas Hulot, les Verts ou Cap 21, les uns comme les autres rivalisent de propositions, notamment en ce qui concerne le développement des « écotechnologies », qui ne sont pas sans soulever quelques difficultés. D’une part, ces changements appellent forcément une décroissance car les technologies écologiques ne rivaliseront pas en puissance avec l’exploitation des ressources fossiles ou l’énergie nucléaire. D’autre part, ces propositions s’accompagnent de taxations en tout genre pour forcer la décroissance préconisée et contraindre le consommateur réticent et dans la précarité à restreindre malgré lui ses besoins en conséquence, laissant le droit de gaspiller à celui qui en a les moyens. Si les écolos ne satisfont ni les industriels ni les citoyens dans leur ensemble, c’est que leur modèle est contraignant pour la majorité. Désirant séduire la nomenklatura économico-scientifique, ils évitent de parler des vrais solutions, et se cantonnent à remplacer les lobbies du pétrole et de l’atome par ceux des éoliennes et des panneaux solaires qui, non content d’être onéreux et donc inaccessibles pour l’ensemble des peuples qui vivent sur cette terre, ne suffiront pas à satisfaire les appétits de développement d’un monde en expansion.

Les programmes issus de partis écologiques ne donnent en général comme perspectives pour l’avenir que la régression, l’abstinence et finalement la frustration. Leur projet, qui est sensé sauvegarder les ressources de la planète, met en péril la croissance qui garantit la pérennité du contrat social de nos sociétés modernes. Mais il peut aussi représenter un danger pour notre civilisation fondée sur la conquête qui, en plus d’être en manque de repères, de valeur et de sens, verrait dorénavant son avenir conditionné par des restrictions écologiques face auxquelles aucune alternative permettant des performances équivalentes n’est apportée.

 

Mais Les Verts ne s’en tiennent pas à ankyloser notre mode de vie et à remettre en question le sens de notre évolution, ils désirent aussi amputer notre démocratie républicaine d’une partie des pouvoirs régaliens que sa Constitution lui a conférée. C’est ainsi qu’ils souhaitent une « réduction du budget militaire de la France et (le) transfert progressif des forces et équipements de l’armée française vers une armée européenne » ainsi que le « retrait des forces françaises d’Afrique ». Il faut croire que notre souveraineté nationale n’est pas assez mise à mal par les réglementations européennes, dont les effets se sont encore fait sentir récemment en ce qui concerne l’éducation[3], la stigmatisation des fumeurs[4] ou des joueurs[5], ou encore l’interdiction de la distribution à des fins humanitaires des médicaments non utilisés[6]. Toujours accompagnées par des motivations empruntes de bons sentiments, ces directives européennes que l’on fait passer pour des réformes au niveau national sont autant de droits bafoués, de libertés supprimées, et de tests pour évaluer notre degrés de soumissions à des décisions qui sont prises ailleurs par une majorité de personnes que nous n’avons pas élus[7]. Si on rajoute à ce constat le fait que nous n’avons même plus les moyens de défendre par des moyens conventionnels le peu d’intérêts qu’il nous reste, je me demande quelle est l’utilité de continuer à élire des représentants au niveau national. D’ailleurs Dominique Voynet n’a pas fait mystère de son intention de supprimer le Sénat[8], allant ainsi encore plus loin dans un processus consistant à éloigner le peuple des centres de décisions. Le masque Vert est tombé : c’est notre souveraineté et notre démocratie républicaine qui sont une fois de plus mises en danger.

 

Notre jugement ne doit pas être envoûté par ceux qui conduisent leur campagne en se targuant de se soucier de l’avenir des générations futures, essayant ainsi de tirer profit des différents facteurs qui mettent l’environnement au premier plan, mais qui oublient de préciser que le restant de leur programme conduit à la « relance du processus d’élaboration d’une constitution fédérale et parlementaire »[9] au niveau européen. Il ne faudrait pas que en réponse au 21 avril 2002, nous passions d’un extrémisme à un autre, d’un cri d’alarme protestataire devant l’impuissance revendiquée des dirigeants à une déliquescence accélérée du restant de nos prérogatives nationales. Il ne faudrait pas que par méprise nous reniions le choix exprimé par 54,67 % des français le 29 mai 2005, et que toutes les valeurs que nous avons défendus par notre « Non » au projet de constitution européenne soient trahies et remises en causes par un vote « vert ». Car si ce dernier correspond pour ceux qui ont glissé le bulletin dans l’urne à un signal d’alerte écologique lancé à nos responsables, la mobilisation populaire derrière un parti ayant supporté le « Oui » et comportant des éléments programmatiques conférant à la dilution de la nation dans l’Europe ne manquera pas d’être traduite par les élites comme une soumission à l’intégration européenne. Pour l’élection présidentielle qui vient, nos préoccupations environnementales ne devront pas servir de prétexte à la désintégration de l’Etat français.



[1] En réponse à Dominique Voynet qui intimait à Rachid Nekkaz, Candidat à l’élection présidentielle et Président du  « Club des élus Allez France », d’être « réaliste et raisonnable » alors qu’il évoquait le système Pantone – France Europe Express, dimanche 28 janvier 2007.

[6] Amendement n°46 de l’adaptation au droit communautaire dans le domaine du médicament http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2006-2007/20070109.asp

[7] Le Parlement européen comprend 785 membres dont seulement 78 proviennent de France.

[8] France Europe Express, dimanche 28 janvier 2007.

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